Concert narratif - La Complainte de la Paix - D'après Erasme de Rotterdam
Par l’ Ensemble Domina Nostra Lausannensis
Par l’ Ensemble Domina Nostra Lausannensis
Nous avons la joie de vous présenter un concert un peu particulier. Nous partons à la découverte d’un texte d’Érasme (*Rotterdam 1466, †Bâle 1536), qui aurait pu être écrit aujourd’hui. Laissons La Paix s’exprimer dans ce pamphlet rédigé en 1516, au lendemain de la bataille de Marignan (1515), écoeuré par les horreurs infligées par l’orgueil des puissants, des guerres de Bourgogne (1474-1477) à celles d’Italie (1494-1559).
Concert narratif - La Complainte de la Paix - D'après Erasme de Rotterdam
Suite à la réécriture du texte, Christian Baur a intercalé un choix musical soutenant le propos du philosophe et théologien. Il a souhaité également vous faire assister à l’émergence de la polyphonie vocale entre les Xe et XVIe siècles. Lors de ses recherches, il a observé que les cantus firmus latins des mélodies dites de Lausanne ont été réutilisées et augmentées en version polyphonique dans le psautier protestant. Reprenant les thèmes séculaires chantés aux offices ordinaires de la cathédrale de Notre Dame de Lausanne en vigueur depuis le XIIIe siècle, le public découvrira, non sans curiosité, cette étonnante transition du cantus latin aux psaumes traduits en français par Théodore de Bèze, sur des arrangements polyphoniques de Claude Goudimel. Le chant spirituel, qui n’était réservé alors qu’aux chantres, est pratiqué désormais par tous les fidèles. C’est l’un des fers de lance de la Réforme. Imaginez qu’après huit siècles de chants monodiques, le chant sacré pouvait enfin se pratiquer à plusieurs voix, dans d’harmonieuses polyphonies. Quelles réjouissances ! Les Gents de la Renaissance et de la Réforme vivent désormais dans une société qui se libère peu à peu, ne reconnaissant qu’un souverain : le Christ de l’Écriture qui, grâce à l’imprimerie, permet d’entrevoir la libération de l’individu des autorités terrestres, ne répondant qu’à celui et de son propre arbitre. - Nous espérons que ce concert laissera un reflet dans le miroir de nos intimités réciproques, convaincus qu’au-delà des fracas du monde, la musique est, et reste ! l’une des médiatrices les plus puissantes entre les coeurs et la raison.